Un deuxième bébé morse à l’Aquarium

Le premier bébé morse et sa mère Arnaliaq se portent bien. Crédit : Aquarium de Québec

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Les naissances de morses en captivité sont des événements extrêmement rares, dit-il, «d’abord parce qu’il n’y a pas tant de morses que ça dans des institutions zoologiques, et que celles qui ont à la fois des mâles et des femmes (il y a un mâle, Boris, et deux femelles à Québec, ndlr) sont encore moins nombreuses. Et la difficulté, dans les zoos, c’est que les cycles de reproduction ne surviennent pas en même temps pour les mâles et les femelles. Il faut aussi savoir que plusieurs problèmes peuvent survenir pendant la grossesse. Il peut y avoir des morts-nés, c’est arrivé ailleurs. Mais pour nous, tout s’est fait assez rapidement et sans assistance. (…) Pourquoi ça arrive ici et pas aux autres? Il n’y a pas vraiment de raison. On a été chanceux».

On ignore pourquoi le rut des mâles et les chaleurs des femelles se désynchronisent dans les zoos alors qu’en nature, ils surviennent bien évidemment en même temps, explique Dre Claire Grosset, de l’équipe de vétérinaire de l’Aquarium de Québec. Et on ne sait pas davantage pourquoi la captivité mène à tant de bébés morses morts-nés.

Mais il est possible, dit-elle, que la latitude y soit pour quelque chose. Une étude menée dans un zoo californien a trouvé que c’est «le rut du mâle, là-bas, qui n’est pas survenu à la bonne période de l’année. Ils ont réussi à le resynchroniser avec le cycle des femelles grâce à des traitements hormonaux, mais le foetus ne s’est pas rendu jusqu’à donner un veau. (…) C’est sûr qu’ici, on a un climat plus proche de celui de leur milieu naturel. Peut-être que le fait qu’on ait un couvert neigeux une bonne partie de l’année déclenche quelque chose chez eux, ça fait partie des hypothèses qu’on étudie».

Dans l’Arctique, le rut et les chaleurs surviennent de janvier à mars. Lorsqu’il y a fécondation, l’embryon, curieusement, commence son existence par une période de dormance de 3 à 4 mois au cours desquels il ne se développe absolument pas – il ne s’implante même pas dans l’utérus, pour tout dire. Lorsqu’il finit par le faire, il reste environ 12 mois de plus dans le ventre de sa mère.

Pour l’heure, aucun plan à long terme n’a été décidé pour les deux nouveaux-nés, à part celui de les laisser avec leurs mères pendant 2 ans – comme en nature. «Après, on verra, dit M. Zamuner. Ce pourrait être les adultes qui vont dans une autre institution zoologique, ce pourrait être les petits, on n’a rien d’arrêté pour l’instant.»

Notons que le mâle Boris a été séparé des mères et de leurs rejetons, en partie parce qu’il se montrait trop insistant auprès des femelles gravides, et en partie parce qu’on ne sait pas comment il réagira à la présence des petits.

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