Uber entend rester au Québec et propose un compromis – ICI.Radio

Dans un communiqué publié lundi, elle annonce son « intérêt à participer aux consultations particulières » sur le projet de loi qui a été déposé jeudi dernier par le ministre des Transports, Jacques Daoust. Le projet de loi prévoit notamment forcer les chauffeurs d’Uber à acheter ou à louer des permis de taxi pour effectuer des courses rémunérées pour des clients et à se munir d’un permis de conduire de classe 4C. Les chauffeurs d’Uber seraient ainsi assujettis au même régime juridique que celui des chauffeurs de taxi.

« Bien que ce projet de loi empêcherait les services de l’économie du partage comme Uber d’opérer sur le territoire du Québec, nous souhaitons exprimer notre engagement à trouver un compromis et des solutions réglementaires qui assureront une saine compétition et une conformité fiscale pour tous les joueurs de l’industrie », affirme l’entreprise.

Qualifiant la province d’« endroit idéal pour le covoiturage urbain », Uber se présente elle-même comme un « bon citoyen corporatif ». « Nous espérons démontrer que nous pouvons être un partenaire collaboratif et que nous pouvons aider le gouvernement à atteindre son but de favoriser l’innovation et de créer une économie québécoise forte ».

« Nous souhaitons exprimer notre engagement à trouver un compromis et des solutions réglementaires qui assureront une saine compétition et une conformité fiscale pour tous les joueurs de l’industrie », assure l’entreprise.

Réagissant à la sortie d’Uber, l’attachée de presse du ministre Daoust a affirmé que le gouvernement souhaitait « entendre Uber en commission parlementaire ».

« On est heureux de voir dans quel esprit il souhaite entreprendre ce processus. Le ministre a bien hâte de prendre connaissance des propositions que l’entreprise compte faire », a-t-elle ajouté dans une déclaration écrite.

Il existe des pistes de solution, mais il faut être en mesure de bien les expliquer, de bien les présenter pour que ça crée un cadre qui est équitable pour tous les joueurs aussi.

Jean-Nicolas Guillemette, directeur général d’Uber au Québec

Il est possible d’arriver à un compromis, croit le directeur général d’Uber au Québec, Jean-Nicolas Guillemette. « Ça se fait. Plus de 80 juridictions l’ont fait dans le monde –  28 États américains l’ont fait, Toronto, Ottawa », a-t-il illustré en entrevue à Radio-Canada. « Aujourd’hui, ce qu’on s’engage à faire, c’est d’y aller de bonne foi », a-t-il soutenu.

S’il réitère l’ouverture de l’entreprise à respecter les lois fiscales, il plaide pour un « modèle distinct ».

« Il faut reconnaître que les gens puissent utiliser leur propre voiture pour pouvoir conduire sur Uber. S’Ils doivent louer un taxi pour pouvoir le faire, on vient de tuer l’économie du partage. On vient de tuer le modèle de Uber X », affirme-t-il. « On ne serait pas capable d’opérer dans ces conditions-là. »

« C’est un débat de société », soutient M. Guillemette. Je pense qu’il y a plusieurs joueurs qui doivent s’impliquer, qui doivent amener leur vision et nous, on veut collaborer avec ces gens-là », poursuit-il, ajoutant que l’entreprise devrait soumettre des propositions au cours des prochains jours ou des prochaines semaines.

L’heure des aveux

L’entreprise a par ailleurs fait son mea culpa. « Bien que notre modèle d’opérations offre de nouvelles et intéressantes opportunités d’affaires et des options de transports supplémentaires pour les Québécois, nous reconnaissons que nous n’avons pas toujours su trouver les meilleurs moyens de travailler avec le gouvernement du Québec afin de promouvoir ces alternatives », admet l’entreprise. « Nous regrettons de voir où le débat au sujet de la réglementation nous a menés et assumons notre part de responsabilité pour en être arrivés là. »

Dans ce débat l’opposant aux chauffeurs de taxi, Uber refuse de se définir comme un service de taxi, préférant la définition de covoiturage pour désigner son activité, qu’il associe à l’économie du partage.

Les chauffeurs de taxi traditionnels déplorent pour leur part une concurrence déloyale d’Uber qui offre des transports rémunérés sans avoir de permis à payer et de taxes à percevoir.

Samedi, le gouvernement Couillard a essuyé une gifle des militants libéraux, alors que le conseil général du parti a adopté une résolution de la Commission jeunesse en faveur du service de transport illégal Uber. 

À la demande de l’aile jeunesse de la formation, le premier ministre Philippe Couillard a annoncé le lendemain qu’il lancerait un chantier sur l’économie de partage.

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