Trump et Clinton triomphent dans New York

Mission plus qu’accomplie pour Donald Trump. Celui qui menait dans les sondages a remporté mardi soir une victoire écrasante lors de la primaire républicaine de New York, l’État qui l’a vu naître, grandir et s’enrichir. Chez les démocrates, Hillary Clinton, qui était elle aussi favorite, l’a emporté contre un Bernie Sanders pugnace qui espérait surprendre sa rivale et ainsi réduire l’écart qui l’en sépare dans la course à l’investiture.

 

Au moment d’écrire ces lignes, le milliardaire new-yorkais accaparait environ 60 % du vote républicain, soit un chiffre supérieur aux sondages. Ses deux rivaux, John Kasich et Ted Cruz, traînaient derrière avec 25 % et 15 % du vote respectivement. Ted Cruz, qui a remporté deux des trois derniers États, en Utah et au Wisconsin, et qui s’était ainsi rapproché du meneur, a donc obtenu un résultat particulièrement faible. Il faut dire que les positions très conservatrices du sénateur du Texas le mettent en porte-à-faux avec les électeurs républicains new-yorkais, jugés plus modérés. Il avait d’ailleurs soulevé un tollé dans la Grosse Pomme en janvier lorsqu’il avait critiqué les « valeurs de New York » (lire : progressistes). Mardi soir, tout comme John Kasich, il faisait déjà campagne en Pennsylvanie, un État qui tiendra ses primaires la semaine prochaine.

 

Pour Cruz et Kasich, qui ne pouvaient espérer vaincre Trump, l’objectif principal de ce scrutin semi-proportionnel était d’empêcher le meneur de franchir le cap des 50 % des voix à l’échelle de l’État ainsi que dans chacun des 27 districts. Autrement, les règles (fort complexes) du Grand Old Party dans cet État lui permettraient d’engranger l’ensemble des délégués attribués au niveau de l’État (14) et dans les districts (81 au total). Vers 22 h 30 mardi soir, il n’était pas encore possible de confirmer si Cruz et Kasich avaient échoué sur toute la ligne, mais Trump se dirigeait clairement vers des victoires importantes dans une majorité de districts, lui promettant ainsi la majorité des 95 délégués en jeu dans cet État.

 

La victoire écrasante du « Amazing Donald » ne lui garantit pas l’investiture, mais le rapproche tout de même de cet objectif.

 

Avant le vote de mardi, Trump menait avec 755 délégués, contre 543 pour Ted Cruz et 144 pour John Kasich. Il en faut 1237 pour obtenir la nomination chez les républicains.

 

Clinton vainqueure

 

Bernie Sanders, qui avait un déficit de plus de 200 délégués (en excluant les superdélégués) sur l’ancienne secrétaire d’État avant mardi, avait besoin d’une solide performance afin de réduire l’écart avec la meneuse. Les partisans de « Bernie » espéraient, dans le meilleur des cas, répéter l’exploit du Michigan : Sanders en était reparti avec, en poche, une majorité de délégués, en dépit des sondages qui donnaient Clinton gagnante avec pas moins de 20 % d’avance.

 

Dans New York, leurs espoirs ont été gonflés par le fait que le candidat de 74 ans avait remporté sept des huit derniers caucus et primaires, en plus d’avoir réduit l’écart le séparant de Clinton de 33 % à 12 % au cours des trois semaines dans l’Empire State.

 

Or, vers 22 h 30 mardi soir, Hillary Clinton obtenait 58 % des suffrages, contre 42 % pour le sénateur du Vermont. Clinton renoue ainsi avec la victoire, ce que son équipe électorale espérait par-dessus tout afin de briser l’élan que le sénateur du Vermont était parvenu à gagner ces dernières semaines.

 

Sa victoire attendue dans l’Empire State, un État qu’elle a représenté au Sénat américain de 2001 à 2009, lui permet ainsi de creuser davantage son avance par rapport à Sanders. Avant la primaire de mardi, l’ancienne première dame des États-Unis menait avec 1307 délégués, alors que Bernie Sanders traînait derrière avec 1094 délégués. Particularité toute démocrate, les superdélégués, qui sont libres de voter pour le candidat de leur choix lors de la convention nationale, sont 469 à jeter leur dévolu sur Clinton. Sanders, lui, en a rallié 31 jusqu’ici. Leur choix peut toutefois changer d’ici la convention en juillet. L’éventuel candidat présidentiel doit cumuler 2383 délégués au total pour obtenir l’investiture du Parti démocrate.

 

État important

 

L’Empire State pèse lourdement dans les primaires. Avec ses 247 délégués (sans compter les 44 superdélégués), New York est le deuxième plus gros prix après la Californie pour les démocrates. Côté républicain, 95 délégués sont en jeu, ce qui fait de New York le quatrième État le plus important, derrière la Californie, le Texas et la Floride. Il faut toutefois remonter aux années 1980 pour que New York ait une influence sur le choix du candidat présidentiel dans un camp comme dans l’autre. Contrairement à cette année, l’État arrivait en effet trop tard dans le long processus des primaires.

 

L’intérêt était d’autant plus élevé cette fois que trois des cinq candidats toujours en lice entretiennent un rapport personnel ou professionnel étroit avec New York : Donald Trump y vit en plus d’y être né, dans l’arrondissement de Queens ; Bernie Sanders a vu le jour et a grandi dans un quartier populaire de Brooklyn et Hillary Clinton a été sénatrice de l’État de 2001 à 2009.

 

Les candidats se tournent à présent vers le Connecticut, le Delaware, le Maryland, le Rhode Island et la Pennsylvanie, cinq États du Nord-Est qui tiendront leurs primaires le 26 avril.

Le milliardaire Donald Trump a emporté haut la main mardi l’élection primaire républicaine de New York. Cette victoire lui permet de reprendre l’ascendant sur son principal adversaire, Ted Cruz, après une défaite humiliante le 5 avril dans le Wisconsin.
La candidate démocrate Hillary Clinton lors d’un rassemblement populaire mardi
Bernie Sanders

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