Simulacre de course

La course à la direction du Parti québécois est déjà devenue une marche triomphale pour Alexandre Cloutier.

Les poids lourds de l’aile parlementaire, comme le doyen François Gendron, les Agnès Maltais, Harold Lebel, Nicole Léger (bientôt) et autres, se rangent derrière le député de Lac-Saint-Jean.

Véronique Hivon et Martine Ouellet serviront de faire-valoir au cours des prochains mois.

La relève

L’establishment du parti mise tout sur Alexandre Cloutier, bon second face à Pierre Karl Péladeau et porte-étendard de la relève.

Il compte sur lui pour ramener au PQ les générations montantes, qui s’en sont désintéressées progressivement au fil des 20 dernières années, soit depuis le dernier référendum. L’avenir même du parti à moyen terme est en jeu. Le PQ est devenu un parti de baby-boomers.

Comme Justin Trudeau, Alexandre Cloutier est télégénique et il s’affiche stratégiquement avec sa famille modèle. Il a tout de même, heureusement, une personnalité plus réservée que le premier ministre du Canada et il n’a pas le même culte du moi.

Équipe B

L’ex-premier ministre Bernard Landry avait suggéré un couronnement du successeur de Pierre Karl Péladeau. Lui-même avait bénéficié d’un laissez-passer lorsqu’il a pris la direction du parti.

Le PQ, dont les finances sont précaires, aurait fait l’économie d’une course à la direction qui ne sera de toute façon qu’un simulacre et l’aile parlementaire n’aurait pas été désorganisée comme elle l’est maintenant.

Nicole Léger quitte sa fonction de présidente du caucus, Agnès Maltais celle de leader adjoint et Harold Lebel celle de whip, pour participer à la campagne d’Alexandre Cloutier.

L’opposition officielle à l’Assemblée nationale sera dirigée par une équipe B jusqu’à la fin de l’automne.

Les intérêts du parti, et les intérêts personnels des têtes d’affiche qui feront le rang derrière le prochain chef, passent une nouvelle fois avant la responsabilité de former une opposition qui soit la plus efficace possible devant le gouvernement Couillard.

Le thermomètre

Comme des médecins au chevet d’un patient, les journalistes placeront chaque jour, pendant des mois, le thermomètre de la souveraineté sous la langue de chacun des candidats pour mesurer sa ferveur.

D’interminables discussions sont déjà engagées sur les modalités d’une accession à la souveraineté dont une majorité de la population ne veut pas.

Les candidats se donneront la réplique quotidiennement sur la mécanique référendaire: au cours d’un premier mandat obligatoirement ou non, peu importe les chances de le gagner; un référendum assorti ou non d’un engagement d’entamer des négociations; les conclusions de ces négociations devraient-elles être soumises à la population dans un second référendum, comme prévu en 1980?

Les cercles péquistes sont en effervescence. Élus et militants se complaisent dans ces discussions, comme de fanatiques amateurs de hockey peuvent s’obstiner en plein mois de juillet sur la nécessité ou non d’échanger P.K. Subban. Ces divergences n’ont jamais de conclusion.

Dans l’ensemble de la population, toutefois, le point de saturation est déjà atteint.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *