José Bové, retenu à l’aéroport de Montréal, sera expulsé du Canada

«Bloqué depuis 3h à l’aéroport de Montréal. Les opposants au Ceta ne sont pas les bienvenus dans ce pays», a posté hier soir José Bové sur son compte Twitter, en référence à son combat contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada.

Après avoir été retenu pendant plusieurs heures à l’aéroport de Montréal-Trudeau, José Bové s’est fait saisir son passeport par les autorités douanières. «Je suis expulsé demain [aujourd’hui]. Ils ont gardé tous mes papiers, mon passeport», a confirmé José Bové au Devoir, quotidien d’information canadien. S’il a été autorisé à se rendre à son hôtel pour y passer la nuit, le député européen devra être de retour à l’aéroport à 13h afin prendre un vol pour Paris.

Une expulsion qui a soulevé une vague de protestations parmi les sympathisants de José Bové au Canada: «José Bové, notre invité, va être expulsé vers la France. Honte!», a écrit sur Twitter Maude Barlow, présidente du Conseil des Canadiens, un centre de réflexion à gauche. Sujata Dey, militant au Conseil des Canadiens, a indiqué dans un communiqué que José Bové «a été détenu à l’aéroport de Montréal pendant des heures, sans aucune explication, et il s’est maintenant vu notifier qu’il devait quitter le Canada».

José Bové, fervent opposant au CETA, l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada

José Bové devait prendre la parole lors d’une réunion publique mardi organisée par le Conseil des Canadiens, des syndicats agricoles et des opposants à l’Accord économique et commercial global (AECG, ou Ceta pour son acronyme anglais) entre le Canada et l’UE. Le député écologiste s’oppose à cet accord, qui porterait selon lui préjudice aux producteurs européens dont les produits sont protégés par des appellations d’origine protégée. La ratification du CETA doit être lancée ce mois-ci: Manuel Valls, le premier ministre français, doit arriver au Québec aujourd’hui pour en discuter avec les premiers ministres Philippe Couillard et Justin Trudeau.

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Mais la raison du refus du Canada de laisser entrer le militant écologiste sur son territoire est aussi juridique: ce pays interdit en effet l’entrée de son territoire aux personnes avec des antécédents au pénal. José Bové a été condamné pour son implication dans le démontage d’un restaurant McDonald’s en 1999 puis pour la destruction en 2008 d’un champ de maïs expérimental transgénique Monsanto. Les services de l’immigration canadienne ont principalement refoulé aux frontières des artistes comme le polémiste français Dieudonné M’Bala M’Bala en mai dernier, le chanteur Joey Starr en 2015, ou encore le rappeur Booba. Le rappeur américain Chris Brown avait également été interdit d’entrée début 2015 après l’agression de son ex-compagne Rihanna.

«Me reprocher ces actions-là aujourd’hui, alors que je suis au Parlement européen ; des actions qui ont eu lieu il y a 17 ans, c’est quand même assez incroyable», a pesté le militant. D’autant plus qu’il était déjà retourné au Canada pour participer au Sommet des Amériques en 2001, deux ans après l’épisode du McDonald’s.

José Bové voyage régulièrement en Europe et ailleurs dans le monde: «dernièrement, nous sommes allés au Cameroun et il n’y a eu aucun problème. Donc, visiblement, il y a un régime particulier ici.»

Avant d’embarquer mercredi dans un avion pour la France, José Bové a annoncé une conférence de presse «pour revenir sur (son) expulsion du Canada».

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