John Baird quitte la politique

L’un des ténors du Conseil des ministres de Stephen Harper tirera sa révérence. John Baird ne briguera pas de nouveau mandat l’automne prochain et il s’apprêterait à quitter les Affaires étrangères.

 

Le ministre d’Ottawa a annoncé à ses collaborateurs qu’il ne serait pas de retour au sein de l’équipe conservatrice lors du prochain scrutin en octobre et qu’il démissionnerait de son poste de ministre cette semaine, selon des informations obtenues par Le Devoir. Il quitterait les Affaires étrangères dès ce mardi.

 

Le bureau de M. Baird n’a pas rappelé Le Devoir. Celui du premier ministre a simplement indiqué qu’il ne ferait « aucun commentaire [lundi soir] ».

 

Une source explique cependant qu’après vingt ans de vie politique et après avoir chapeauté plusieurs ministères, le député âgé de 45 ans aurait simplement choisi de passer à autre chose.

 

John Baird représente la circonscription d’Ottawa-Ouest–Nepean depuis 2006 — année de l’arrivée des conservateurs au pouvoir. Il a été responsable des ministères des Transports, de l’Environnement et leader du gouvernement en Chambre — rôle où il avait laissé sa marque en ayant quelques démêlés avec l’opposition et en étant un porte-parole acerbe du premier ministre. En début de carrière fédérale, il a en outre été président du Conseil du trésor.

 

Connu pour son franc-parler, M. Baird a également fait les manchettes aux Affaires étrangères, en étant un ardent défenseur d’Israël et en critiquant vertement les Nations unies.

 

Malgré ses envolées partisanes aux Communes, M. Baird était apprécié de ses collègues de l’opposition qui reconnaissaient son sens de l’humour.

 

Il a par ailleurs été membre du cabinet du premier ministre conservateur de l’Ontario Mike Harris, notamment responsable des Affaires francophones.
 

Son départ en tant que diplomate en chef du pays survient alors que le gouvernement Harper est en pleine mission en Irak, le Canada participant aux efforts de la communauté internationale pour repousser le groupe armé État islamique.

 

M. Baird avait aussi travaillé ardemment ces derniers temps pour faire libérer le journaliste canado-égyptien d’Al-Jazeera Mohamed Fahmy, détenu en Égypte depuis plus d’un an. Ces derniers mois, il avait par ailleurs défendu haut et fort la souveraineté de l’Ukraine, face à la Russie.

 

La CBC, qui a ébruité la première le départ du ministre, n’a pas précisé quelles seraient ses prochaines fonctions.

 

Le premier ministre a demandé aux membres de son caucus qui ne souhaitent pas se représenter au prochain scrutin de l’aviser, afin qu’ils soient remplacés dans leurs portefeuilles.

 

La Presse canadienne a rapporté cette fin de semaine que M. Baird avait reçu la visite de l’ancien premier ministre australien Kevin Rudd la semaine dernière. M. Rudd l’aurait invité à l’aider à réformer l’Organisation mondiale de la santé. L’ex-politicien australien dirige depuis l’automne la Commission indépendante sur le multilatéralisme. L’objectif de cette commission rattachée à l’International Peace Institute est de réformer le système de l’ONU, et d’aider ainsi l’organisation à mieux gérer les menaces à la sécurité mondiale telles que le terrorisme et les pandémies.

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