Jean-Pierre Bemba reconnu coupable de crimes contre l’humanité

Jean-Pierre Bemba lors de son procès à La Hague, aux Pays-Bas, le 21 mars 2016.

Crédits : JERRY LAMPEN / AFP

Sa silhouette, toujours imposante, n’a pas bougé. Tout juste quelques regards ont trahi un désarroi ou un accès de colère lors de l’annonce du jugement. Après huit ans de détention, le visage poupin de Jean-Pierre Bemba s’est creusé de quelques rides mais le « Chairman », comme le surnomment ses partisans, n’a pas laissé transparaître ses émotions lorsque la juge Sylvia Steiner lui a signifié « la décision prise à l’unanimité de la chambre. »

Une première pour la CPI

Homme d’affaire prospère, héritier d’une famille qui a construit sa fortune avec le président Mobutu Sese Seko dont il se veut le légataire politique, chef de milice devenu vice-président suite à un accord de partage du pouvoir entre belligérants et rival le plus sérieux de Joseph Kabila lors de l’élection de 2006, M. Bemba, 53 ans, a été reconnu coupable, lundi 21 mars, de crimes contre l’humanité et crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI). Ce ne sont pas les meurtres, viols et pillages commis par ses troupes en République démocratique du Congo (RDC), son pays, qui lui ont valu cette condamnation mais ceux perpétrés sur le territoire du voisin centrafricain. Entre la fin octobre 2002 et la mi-mars 2003, les miliciens du Mouvement de libération du Congo (MLC) étaient venus prêter main-forte au président Ange-Félix Patassé face à une rébellion qui allait finalement l’emporter.

Trois bataillons, soit environ 1 500 hommes, ont franchi l’Oubangui…

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