Il se tue au décollage de son avion

Un retraité passionné d’aviation est mort tragiquement vendredi lorsque son appareil a pris feu, après qu’il eut décollé pour aller déjeuner à Saint-Hyacinthe.

«Je me suis retournée et j’ai vu une boule de feu. C’est le genre de chose qui arrive dans les films, tu ne penses jamais voir ça en vrai», a raconté Glaurielle Savoie, serveuse au restaurant Aéro-Paul de Saint-Mathieu-de-Beloeil, en Montérégie.

La dizaine de clients présents dans l’établissement situé à côté de l’aéroport ont tous assisté, impuissants, à l’écrasement du petit appareil Van’s RV-6 dans un champ à l’est de la piste d’où il venait de décoller.

«Des clients sont partis en courant pour aller voir si le pilote avait réussi à sortir, mais il était dans le cockpit, encore attaché dans son siège», a relaté le copropriétaire du resto, Jean-François Boily. Le pilote n’a vraisemblablement eu aucune chance. Appelés sur place vers 9h45, les premiers répondants n’ont pu que constater son décès.

«L’avion était complètement en flammes. Ils ont confirmé la présence d’un homme dans l’habitacle», a expliqué l’inspecteur-chef Yanic Parent, porte-parole de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent.

Selon nos informations, il s’agirait de Gilles Beauchesne, un retraité dans la cinquantaine, féru d’aviation.

Pilote d’expérience

Le pilote devait partir seulement «pour une petite ride», pour aller déjeuner, une vingtaine de kilomètres plus loin, à Saint-Hyacinthe, d’après son beau-fils.

La famille était sous le choc en arrivant sur les lieux du crash, peu avant midi. «Il est où l’avion? Il est où l’avion!» répétait la conjointe du pilote, paniquée.

Gilles Beauchesne était «un pilote d’expérience», a précisé son beau-fils, qui préférait demeurer anonyme.

«Il avait 15 ou 16 ans la première fois qu’il a piloté un avion. Il était paranoïaque de sécurité. S’il y avait quelqu’un de sécuritaire en vol, c’était Gilles», a laissé tomber le jeune homme, la voix coupée par l’émotion.

«Dites juste qu’il est décédé en faisant une de ses passions», a indiqué au Journal le frère du pilote, encore ébranlé.

Nouvel appareil

Gilles Beauchesne avait acquis son RV-6 «il n’y a pas longtemps», d’après les témoignages recueillis sur place.

Il s’agit d’un appareil de construction amateur de deux places assez commun, d’après André Goyette, administrateur de la Corporation de l’aéroport Saint-Mathieu-de-Beloeil.

«Ce n’est pas le genre d’appareil sorti d’un garde-robe, qu’on ne voit pas souvent. Il y en a une vingtaine juste ici à l’aéroport», a-t-il illustré.

Deux enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) se sont rendus sur place hier pour tenter de déterminer la cause de l’écrasement.

«Ils vont examiner l’épave, faire des entrevues avec les témoins, un survol du site, vérifier les communications, etc. Bref, tout ce qu’il faut pour comprendre ce qui s’est passé», a détaillé Chris Krepsky, porte-parole du BST, précisant qu’il est trop tôt pour dire si le crash résulte d’un bris mécanique ou d’une erreur de pilotage.

 

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