Élection partielle: une bataille serrée au Saguenay

SAGUENAY – La lutte s’annonce serrée dans la circonscription de Chicoutimi, à Saguenay, où les libéraux sont écartés depuis 85 ans.

Le 11 avril prochain, plus de 46 000 électeurs de la circonscription de Chicoutimi désigneront le successeur du péquiste Stéphane Bédard, qui a démissionné le 22 octobre dernier.

Depuis le début de la campagne, Philippe Couillard multiplie les visites dans Chicoutimi, un château fort péquiste depuis 1973.

Le premier ministre, qui aimerait bien ravir le comté au Parti Québécois, a rencontré TVA Nouvelles lors d’une visite industrielle aux côtés de sa candidate, Francyne T. Gobeil.

«C’est ma région! Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu de représentant ici», souligne M. Couillard qui est aussi le député de Roberval. Mais on met l’effort maximum dans toutes les circonscriptions», insiste tout de même le chef libéral.

Sa candidate dans Chicoutimi, Francyne T. Gobeil, est l’ancienne chef de cabinet du maire de Saguenay et elle fait de la politique dans la région depuis 20 ans.

«Ce qui va faire la différence? C’est le pouvoir, ce n’est pas gênant de le dire. On a deux ans au pouvoir et on va voir la différence», martèle la candidate.

Philippe Couillard ne croit pas que l’arrestation de Nathalie Normandeau par l’UPAC nuira à sa candidate.

«Ce sont les citoyens qui se prononceront là-dessus en dernière analyse, mais je ne crois pas que ça ait rapport avec la campagne ici. Les enjeux sont des enjeux locaux», fait valoir Philippe Couillard.

Pas de triomphalisme

Les péquistes, eux, misent sur Mireille Jean, cofondatrice de TRIONIQ, une PME manufacturière qui œuvre dans la haute technologie depuis 25 ans au Royaume.

Elle sait qu’elle a un défi important à relever, suivant la démission de Stéphane Bédard, écarté de son poste de leader parlementaire par Pierre Karl Péladeau.

«La pression est forte, admet-elle. Oui, on veut gagner ce comté, oui, on veut le garder dans le giron du PQ. Stéphane Bédard est derrière moi, il nous aide, comme un bon militant», insiste Mireille Jean.

De fait, l’ex-député a participé à différents événements pour appuyer la candidature de Mireille Jean, tout comme son père, Marc-André Bédard, l’un des fondateurs du PQ et lui aussi, ancien député de la circonscription.

Stéphane Bédard avait remporté l’élection du 7 avril 2014 avec 1605 voix de majorité.

Au PQ, on ne s’en cache pas, le parti n’a pas le luxe de perdre cette élection partielle, tout comme son chef, Pierre Karl Péladeau qui est récemment passé par Chicoutimi, avec ses députés, pour aider sa candidate.

Le PQ mise sur les compressions et la grogne des électeurs pour conserver la circonscription.

«Il n’y a pas un endroit où l’on regarde, où il n’y pas des coupures pour les régions. Le monde de Chicoutimi, ils comprennent que c’est l’occasion de le dire», insiste le député de Rousseau, Nicolas Marceau, venu prêter main-forte à la candidate péquiste lors du passage de TVA Nouvelles.

Pas juste des figurants

François Legault a quant à lui désigné Hélène Girard, une ancienne animatrice de la région pour porter les couleurs de la CAQ dans Chicoutimi.

«Je brouille les cartes», dit-elle.

François Legault pense que son nationalisme pourrait séduire les électeurs dans ce comté qui a un vieux fond bleu.

«S’ils ont le choix entre le Parti libéral et le Parti québécois, ils voient très bien que la CAQ est plus nationaliste et puis que Legault est un ancien souverainiste», affirme le chef caquiste.

«C’est certain que c’est un test pour Pierre Karl Péladeau, parce que c’est un château fort péquiste» souligne le chef de la CAQ.

Pierre Dostie, candidat de Québec solidaire, espère de son côté que «ceux qui veulent le changement» iront voter le moment venu.

Le maire de Saguenay se prononce

Connu pour son franc-parler, le maire de Saguenay a ouvertement appuyé la candidate libérale dès le début de la campagne.

Mais Jean Tremblay se défend bien de montrer son appui en vue de mener une autre bataille entre Bédard et son organisation.

«Je n’ai jamais joué ce jeu-là, dit-il. C’est la bataille des citoyens, il faut que la ville se développe. Francyne T. Gobeil, j’ai travaillé 20 ans avec. Mes plus grands succès, je lui dois. Je ne peux faire autrement que dire que ce sera un député extraordinaire.»

La circonscription au fond bleu, très nationaliste, que les libéraux n’ont jamais détenue depuis 85 ans, ira aux urnes le 11 avril.

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