Des débris du vol 804 d’EgyptAir retrouvés en mer Méditerranée – ICI.Radio

« Le ministère de l’Aviation civile a reçu une lettre du ministère des Affaires étrangères égyptien confirmant la découverte de débris du vol MS804 », écrit-elle. « Des gilets de sauvetage et des morceaux de plastique » flottaient en mer.

Deux Canadiens parmi les passagers

En début d’après-midi, le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion a confirmé dans une déclaration que deux citoyens canadiens étaient à bord du vol 804. Une de ces personnes s’appelle Marwa Hamdy, selon EgyptAir. Aucun autre passager n’était identifié comme canadien sur le manifeste de vol. Le deuxième citoyen canadien pourrait toutefois être détenteur d’une double nationalité et avoir voyagé avec un passeport d’un autre pays. Ottawa collabore avec les autorités égyptiennes et françaises pour confirmer s’il y a d’autres victimes canadiennes.

« Des agents consulaires ont été dépêchés immédiatement à l’aéroport et sont entrés en contact avec des organismes gouvernementaux pour valider les faits et fournir le soutien le plus efficace possible aux familles », précise-t-il.

Selon EgyptAir, l’appareil transportait aussi 30 Égyptiens, 15 Français, ainsi que 7 membres d’équipages et 3 agents de sécurité.

La liste des passagers précise qu’une dizaine d’autres passagers européens, asiatiques ou africains se trouvait aussi à bord de l’appareil, dont un enfant et deux bébés.

La piste terroriste privilégiée

Les raisons de l’écrasement de l’appareil, qui effectuait une liaison Paris-Le Caire, ne sont pas connues pour l’heure. Le ministre égyptien de l’Aviation indique qu’il est trop tôt pour tirer quelque conclusion que ce soit, mais avance néanmoins que l’hypothèse d’un acte terroriste est plus probable que celle d’une défaillance technique. Selon lui, aucun des passagers ne présentait de menace pour la sécurité. Leur profil sera cependant étudié plus minutieusement, a-t-il dit.

Sans écarter aucune hypothèse, le pilote de ligne et expert en aviation civile Jean Lapointe privilégie également la théorie d’un acte terroriste. « Le fait que les pilotes n’aient pas eu le temps d’envoyer aucun signal de détresse aux contrôleurs aériens, c’est questionnant », a-t-il indiqué en entrevue à ICI RDI ce matin.

« Lorsque c’est un problème interne à l’avion, à l’un de ses systèmes, que ce soit hydraulique, électrique ou autre, les pilotes sont entraînés pour faire face [à ce genre de situation] et ça n’entraîne pas une désintégration ou un écrasement subit », explique le pilote.

M. Lapointe précise que l’appareil, un Airbus 320, est un appareil fiable et éprouvé. « C’est un appareil qui vole depuis une trentaine d’années, il y en a des milliers d’exemplaires », ajoute-t-il.

« Alors ce matin, nous sommes plusieurs à penser que si les informations qui nous sont données – que l’avion a piqué du nez et descendu à des vitesses vertigineuses – [c’est qu’il] y a eu un problème avec la structure de l’avion. »

Dans le passé, dans ces scénarios-là, c’était malheureusement un attentat humain soit physique ou humain. C’est ce qui expliquerait le silence des pilotes.

Jean Lapointe

M. Lapointe avance que les enquêteurs doivent scruter à la loupe la vie de chacun des membres du personnel qui ont approché l’appareil à l’aéroport Charles-de-Gaulle à Paris. Les équipes de nettoyage, de ravitaillement et celles des traiteurs qui ont livré la nourriture en prévision du vol feront l’objet d’enquêtes.

« Le pilote n’a fait état d’aucun problème »

L’appareil, qui avait décollé de l’aéroport de Paris mercredi soir, a disparu au moment où il survolait la mer Méditerranée entre l’île grecque de Karpathos et les côtes égyptiennes.

L’appareil a disparu deux minutes après avoir quitté l’espace aérien grec, selon le directeur de l’Aviation civile grecque, Kostas Litzerakis. « Le pilote n’a fait état d’aucun problème », a-t-il ajouté alors que des informations contraires avaient circulé auparavant.

EgyptAir a précédemment indiqué que l’avion avait lancé un signal de détresse deux heures après sa disparition des écrans radars. Ce signal pourrait toutefois provenir d’un dispositif d’urgence intégré aux enregistreurs de vol de l’appareil, communément appelés « boîtes noires ».

Des proches de passagers de l'appareil d'EgyptAir disparu en mer attendent aux bureaux de la compagnie aérienne au Caire.
Des proches de passagers de l’appareil d’EgyptAir disparu en mer attendent aux bureaux de la compagnie aérienne au Caire.  
Photo : Amr Dalsh / Reuters

Le dernier contact entre le pilote du vol 804 d’EgyptAir est intervenu à 2 h 48, à l’heure de la Grèce, au moment où l’équipage était autorisé à quitter l’espace aérien grec. « Le pilote était de bonne humeur et a remercié le contrôleur en grec », précise la Direction de l’aviation civile et le ministère de la Défense grecs.

Le contrôleur a ensuite tenté de contacter le pilote à 3 h 27 pour confier la responsabilité du vol au contrôle aérien du Caire. Malgré des appels répétés, le pilote n’a pas répondu. Le contrôleur a alors basculé sur la fréquence d’urgence, mais le pilote n’a jamais répondu.

L’appareil est localisé à 3 h 29 au point de sortie de l’espace aérien grec.

À 3 h 39, alors qu’il se trouvait à 280 km au nord de ville portuaire égyptienne d’Alexandrie et volait à son altitude de croisière de 11284 mètres, l’appareil a brusquement effectué un virage de 90° vers la gauche puis un second de 360° vers la droite avant de plonger de 7000 mètres.

L’avion a disparu des écrans radars au moment où il se trouvait à 3000 m d’altitude.

La disparition de l’avion a été signalée environ 20 minutes avant l’heure prévue de son atterrissage. La dernière communication a quant à elle été enregistrée 10 minutes plus tôt.

Les bulletins météo démontrent que le temps était clair au moment de la disparition de l’appareil.

L’appareil d’EgyptAir qui a disparu en mer est un Airbus A320, livré à la société en novembre 2003. L’avion comptait quelque 48 000 heures de vol. La société Airbus s’est dite prête à fournir toute l’assistance technique nécessaire à l’enquête en cours.

Un pilote d’expérience était aux commandes de l’appareil, selon EgyptAir, ajoutant qu’il détenait plus de 6000heures de vol, son copilote en ayant pour sa part presque 3000.

Des débris retrouvés

Avant l’annonce de la découverte de débris par EgyptAir, l’armée grecque avait révélé que deux objets flottants avaient été repérés par un avion égyptien à quelque 70 km au sud-est de la zone où l’avion a disparu.

« Des objets ont été localisés dans le sud-est de la Crète par un C-130 égyptien, dans une zone qui du point de vue aérien dépend de l’Égypte », a indiqué le porte-parole de l’armée grecque, Vassilis Belesiotis. « Des bateaux seront envoyés sur place » pour vérifier de quoi il s’agit, a-t-il poursuivi.

L’armée grecque concentrait ses recherches dans une zone située à 241 km au sud-est de cette l’île, entre la Crête et Rhodes, a précisé le ministère grec de la Défense. Le capitaine d’un navire marchand aurait indiqué avoir vu « une flamme dans le ciel », selon une source proche du ministère de la Défense grec.

Deux autres incidents en Égypte en moins d’un an

En mars, un avion d’EgyptAir avait été détourné, alors qu’il assurait la liaison entre Alexandrie et Le Caire. Un homme affirmait porter une ceinture d’explosifs, qui s’est avérée factice, selon les autorités. 

L’individu avait cependant contraint l’avion à se poser à Chypre, où il a été arrêté par les autorités. 

En octobre dernier, un Airbus A321 s’était écrasé dans la péninsule du Sinaï, en Égypte, ce qui a entraîné la mort sur le coup des 224 personnes à bord. L’avion, de la compagnie Metrojet, avait décollé d’une station balnéaire égyptienne, au bord de la mer Rouge, et devait se rendre à Saint-Pétersbourg, en Russie.

La Russie et les gouvernements occidentaux ont déclaré que l’appareil avait sans doute été détruit par une bombe. Le groupe armé État islamique a ensuite affirmé avoir introduit des explosifs à bord avant le décollage.

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