Couillard défend son bilan – ICI.Radio

Un texte de Jérôme LabbéTwitterCourriel

Le député de Louis-Hébert avait été écarté du cabinet après que Radio-Canada eut découvert que Marc-Yvan Côté avait bénéficié d’un accès privilégié auprès de lui alors qu’il était ministre au sein du gouvernement de Jean Charest. Une subvention à l’entreprise de M. Côté, Premier Tech, avait été haussée après un déjeuner entre les deux hommes.

« C’est une question qui est sérieuse, a reconnu le premier ministre. Les rapports sont connus, mais je ne ferai pas ce jugement ici. Je ne ferai pas d’annonce aujourd’hui pour dire cette personne ou cette autre personne est qualifiée ou disqualifiée. M. Hamad est député; il n’est pas actuellement au Conseil des ministres. Quand il y aura des changements, on vous avisera. »

M. Hamad n’est pas au Conseil des ministres et je n’ai pas de remaniement prévu.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Le 2 juin dernier, la vérificatrice générale a statué que l’aide versée à Premier Tech reposait sur un processus peu rigoureux. Une semaine plus tard, le commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale a déposé son propre rapport, dans lequel il a reproché à M. Hamad d’avoir a bafoué les règles de base du code d’éthique des parlementaires, sans toutefois recommander l’imposition de sanctions.

Une heure d’entrevue en direct

L’entretien, enregistré dans les studios de Radio-Canada, était diffusé simultanément sur ICI RDI et sur les plateformes numériques de Radio-Canada. C’était la première fois qu’un chef de gouvernement québécois se prête à un tel exercice.

D’entrée de jeu, Philippe Couillard s’est dit satisfait de ses deux premières années de mandat, qui se sont terminées le printemps dernier.

« Je crois qu’on accomplit bien notre mandat. Bien sûr, il y a toujours des choses qu’on peut faire mieux, mais il y a eu beaucoup de bonnes nouvelles pour le Québec récemment et ce qu’on avait promis de faire aux Québécois, on est en train de le faire à plusieurs égards. »

Si ces deux années ont été marquées par d’importantes compressions budgétaires, le premier ministre refuse toujours aujourd’hui d’utiliser le terme « austérité ».

« Si je ne l’aime pas, c’est qu’il n’est pas exact. Lorsqu’on parle d’austérité, on fait appel aux exemples qu’on a vus en Europe, où il y a eu des coupes massives dans les budgets des ministères. Je répète : on n’a pas diminué les budgets d’aucun ministère. On les a fait croître beaucoup moins rapidement, c’est vrai, pour établir l’équilibre, mais on est à des années-lumière de ce qui a été le cas en Grèce, en Angleterre et en Espagne. »

En ce qui concerne sa promesse d’électorale de créer 250 000 emplois en 4 ans – une promesse qui paraît de plus en plus irréalisable -, M. Couillard a refusé de dire qu’il s’agissait d’une promesse irréaliste.

« C’est ambitieux, mais les chiffres qu’on voit sont également encourageants et je crois qu’on a beaucoup d’atouts au Québec qu’on va pouvoir faire valoir au cours des prochaines années et qui vont nous rapprocher de cette cible. »

Depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, en avril 2014, il s’est créé 57 600 emplois au Québec. Selon les prévisions de l’économiste Pierre Fortin, ce chiffre devrait atteindre 138 200 d’ici les prochaines élections si l’économie continue de croître au même rythme qu’actuellement.

M. Couillard a également été questionné sur l’avenir de Robert Poëti, qui a perdu son poste de ministre des Transports lors du dernier remaniement ministériel. Redevenu simple député, celui-ci a par la suite confié à un journaliste que ses recommandations en matière de gestion n’avaient pas été suivies par son successeur, Jacques Daoust, ce qui a déclenché une crise au MTQ. Un citoyen a proposé que M. Poëti revienne à la tête du ministère des Transports.

« Si la raison du fait que M. Poëti a quitté le Conseil des ministres avait un rapport avec ça, bien sûr, je comprends la question, et la réponse s’imposerait. Mais il n’y a aucun rapport, a certifié le premier ministre. Les décisions de formation de conseils des ministres se font sur des raisonnements ou des considérations qui sont beaucoup plus larges, malheureusement, et qui parfois ont des conséquences sur les individus – et je le regrette, parce que j’aime beaucoup Robert Poëti […] mais il n’y a aucun rapport. »

Moi, j’aime Robert Poëti […] C’est une personne importante de notre équipe.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Questionné sur la gestion globale des questions de corruption au gouvernement, M. Couillard a souligné que la moitié des recommandations de la commission Charbonneau avait été adoptées jusqu’à maintenant.

 « Je crois que sur le plan de l’éthique, […] les choses ont été bien faites. Est-ce qu’on peut s’améliorer? Je pense qu’on peut toujours s’améliorer. Mais on est sur la bonne voie », a-t-il estimé.

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