Bangladesh:5 corps trouvés; 12 personnes libérées

DACCA, Bangladesh – Les forces de sécurité du Bangladesh ont pris d’assaut un restaurant, samedi matin, où des assaillants lourdement armés ont tenu des dizaines de personnes en otage pendant 10 heures déclenchant des explosions. Au moins cinq corps gisant dans des mares de sang ont été trouvés. Le gouvernement du Japon a déclaré que 12 personnes ont été secourues.

Le groupe armé État islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque contre le Holey Artisan Bakery, selon le site de surveillance des activités djihadistes SITE.

Au moins 35 personnes, dont une vingtaine d’étrangers, étaient emprisonnées dans le restaurant, selon un employé de l’établissement Sumon Reza, qui a réussi à s’échapper des lieux en passant par le toit.

Les stations de télévision locales ont rapporté que l’assaut a débuté à 7h40. L’intervention comprenait du personnel de l’armée avec des armes automatiques et au moins sept véhicules blindés. Plusieurs ambulances étaient prêtes à intervenir.

Les médias locaux ont rapporté que l’Argentine et deux Bangladais ont été secourus du restaurant tôt samedi, mais les détails entourant leur état de santé n’étaient pas disponibles.

Les forces de sécurité ont découvert cinq corps gisant dans du sang, a déclaré un policier non-identifié à la chaîne de télévision 24 TV.

À Tokyo, le chef adjoint du secrétaire du cabinet Koichi Hagiuda a déclaré que 12 personnes ont été secourues au cours de l’assault, dont deux étrangers, sans pouvoir confirmer si ils étaient Japonais. L’information de Koichi Hagiuda était basée sur la police de Dacca.

L’agence de presse affiliée au groupe islamique a affirmé que 24 personnes avaient été tuées et 40 autres blessées, dont des étrangers, selon SITE. Ces chiffres n’ont pu être confirmés de manière indépendante.

L’agence AMAQ a également publié des photos montrant des corps présumés d’otages. L’authenticité des images n’a pas pu être confirmée non plus.

Cette attaque marque une escalade dans les affrontements entre le groupe extrémiste et des nations islamistes plus modérées. Récemment, des hommes armés de machettes s’en sont pris à des individus, des étrangers ou des membres de minorité religieuse.

Le gouvernement bangladais n’a pas encore réagi à la responsabilité revendiquée par l’ÉI mais, par le passé, il a nié la présence du groupe dans le pays. Le département d’État des États-Unis a dit être au courant de la proclamation de l’ÉI, mais ne peut en confirmer la véracité.

Un officier d’une unité d’élite, le Bataillon d’intervention rapide, a déclaré sur les ondes de la télévision indienne que les «assaillants n’avaient pas répondu aux demandes de négociations des autorités».

Il a ajouté que les assaillants ne pourront pas s’échapper du périmètre de sécurité. Elles ont aussi ordonné aux fournisseurs de bloquer l’accès à Internet dans tout le pays, selon le fournisseur Aamra.

Selon la police, les deux agents sont morts à l’hôpital après avoir subi des blessures par balles. Dix de 26 blessés sont dans un état jugé critique. Six d’entre eux sont artificiellement maintenus en vie.

M. Reza a raconté que les agresseurs avaient scandé «Allahu Akbar» (Allah est grand) lorsqu’ils ont lancé leur attaque vers 21 h 20 (heure locale).

Le chef du Bataillon d’action rapide a déclaré, vendredi soir, qu’ils travaillaient pour sauver la vie des gens pris à l’intérieur du restaurant. Parmi les otages, on comptait un nombre inconnu d’étrangers.

Les nationalités des otages n’ont pas été immédiatement confirmées. Le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, a dit, samedi, lors d’une conférence de presse à Tokyo que le gouvernement tentait de confirmer si des Japonais étaient parmi les otages. Le premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré que la priorité était de sauver des vies.

Le commandant du Bataillon d’intervention rapide, Benazir Ahmed, a indiqué que les autorités voulaient sauver la vie des otages. «Quelques jeunes sont entrés dans le restaurant, a-t-il raconté. Nous avons parlé à certains de ceux qui ont pu fuir les lieux après l’attaque. Nous voulons régler cela de façon pacifique. Nous tentons de parler aux agresseurs. Nous voulons savoir ce qu’ils veulent».

Parmi les otages se trouvait un homme d’affaires, sa femme et ses deux enfants, selon un oncle Anwarul Karim.

«Mon neveu Hasnat Karim m’a appelé et m’a dit qu’il était à l’intérieur avec sa famille». «Nous ne savons pas ce qui se passe là-bas».

À Washington, un responsable de la Maison-Blanche, a déclaré que le président Barack Obama a été informé de l’attaque.

Le porte-parole du département d’Etat John Kirby, a dit que les États-Unis sont en contact avec le gouvernement du Bangladesh et a offert son aide pour traduire les responsables en justice.

M.Kirby a ajouté que l’ensemble du personnel officiel américain n’avait pas rapporté de blessure et que le ministère travaillait avec les autorités locales pour déterminer si des citoyens américains étaient affectés.

Environ deux douzaines d’écrivains athées, des éditeurs, des membres des minorités religieuses, des activistes sociaux et des travailleurs humanitaires étrangers ont été tués depuis 2013. Vendredi, un ouvrier d’un temple hindou a été tué par au moins trois assaillants du sud-ouest du Bangladesh. L’ÉI et des membres affiliés d’Al-Qaïda ont revendiqué la responsabilité de la plupart des attaques.

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