300 000 $ pour étudier le front salin devant Québec et Lévis

Le projet durera trois ans et visera à documenter ce phénomène attribuable aux changements climatiques qui pourrait menacer les prises d’eau potable de Québec et de Lévis.

«Vous voyez un impact concret de l’impact des changements climatiques», a dit le ministre de l’Environnement, David Heurtel, en conférence de presse à la Baie de Beauport jeudi. «Cette étude servira à tout le Québec, car cette probabilité affecte l’ensemble du fleuve», a poursuivi le ministre.

La ligne entre l’eau salée et l’eau douce se situe présentement à la pointe est de l’île d’Orléans. Mais selon des scientifiques, le réchauffement climatique pourrait la déplacer vers Québec et Lévis dans les prochaines décennies, peut-être d’ici 2050. L’étude de 300 000 $ financée grâce au Fonds vert a été confiée au consortium Ouranos.

«Le problème potentiel est sérieux, et on a même eu des épisodes d’eau saline à l’usine de Sainte-Foy», a dit le maire de Québec, Régis Labeaume. Il voit dans l’étude annoncée mercredi «un principe de précaution» pour prévenir et prévoir la qualité de l’eau potable dans la région dans «50 ans». Est-ce que cette salinité est attribuable aux sels de déglaçage? Aux marées? L’étude se penchera sur ces hypothèses.

«Ça nous inquiète parce que ça semble arriver un peu plus vite qu’on pensait», a dit le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, à propos de la probable progression du front salin. Préoccupé par la question, l’élu estime que l’étude permettra d’avoir le coeur net pour éventuellement prendre des mesures à l’heure où 66 % des gens de la Rive-Sud tirent leur eau potable du fleuve. Les prises d’eau sont près de la traverse à Lévis, dans le secteur Saint-Romuald et dans la rivière Chaudière. Sur la Rive-Nord, cette proportion est de 20 %.

Oubliez la désalinisation

Techniquement, l’étude à laquelle participeront d’autres partenaires dont l’INRS et Environnement Canada sera menée à l’aide d’équipement placé au fond du fleuve.

Quant aux solutions, elles seront à définir, mais oubliez des méthodes très coûteuses comme la désalinisation. L’analyse menée dans les trois prochaines années vise justement à éviter d’en venir à une solution si extrême.

«Ici on a un hiver», a tranché François Morneau du consortium Ouranos. «On parle de l’Arabie Saoudite ou de l’Espagne, des pays dans le monde qui font de la désalinisation, mais ils n’ont pas d’hiver. Nous, ici, quand l’eau est froide, ça coûterait une fortune.»

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